Japon : entre inflation, remontée des taux et yen faible… un séisme silencieux pour les marchés mondiaux ?
Après plus de 30 ans de déflation et de taux quasi à zéro, le Japon vit une transformation profonde.
L’inflation se maintient désormais autour de 3 %, et les taux longs ont atteint des niveaux records ces derniers mois, marquant une rupture majeure dans la politique monétaire du pays.
Ce changement intervient alors même que le gouvernement prépare un plan de relance historique pour 2026, l’un des plus ambitieux depuis l’après-guerre, destiné à soutenir l’innovation, les ménages et la transition énergétique.
🔍 Pourquoi cela pourrait bouleverser les marchés mondiaux ?
Un yen historiquement faible… fondement du carry trade
Le yen reste à un niveau historiquement bas, ce qui en fait depuis des années l’une des devises de financement privilégiées dans les stratégies de carry trade :
→ emprunter en yen à très faible coût,
→ réinvestir dans des actifs mondiaux mieux rémunérés.
Mais si la BoJ continue de normaliser ses taux, ces positions pourraient s’inverser, déclenchant des ajustements violents.
Risque de ventes massives d’actifs globaux
Le Japon est l’un des premiers investisseurs mondiaux dans les obligations étrangères.
Si les taux domestiques redeviennent attractifs, les investisseurs japonais — fonds de pension, assureurs, institutions — pourraient :
✔️ rapatrier leurs capitaux,
✔️ vendre des actifs américains, européens et émergents,
✔️ créer une pression haussière sur les taux mondiaux.
Un facteur souvent sous-estimé… mais potentiellement déterminant.
Vers une reconfiguration des flux internationaux
Entre la fin du yen ultra-faible, la montée des taux, l’inflation positive et le rapatriement potentiel des liquidités japonaises, les flux d’investissement pourraient être redirigés à grande échelle.
🎯 Pour les investisseurs
Ce qui se passe au Japon n’est pas un simple ajustement local :
➡️ c’est un véritable changement de régime qui peut influencer l’ensemble des classes d’actifs mondiales.
Dans un environnement comme celui-ci, réévaluer la diversification géographique, l’exposition aux devises et la sensibilité aux taux devient indispensable.

