Le CAC 40 franchit un nouveau record à 8742 points

Le CAC 40 a inscrit ce jeudi 6 août 2026 un nouveau plus haut historique en séance, à 8 742,53 points, avant de refluer légèrement pour clôturer à 8 699,71 points, en hausse de 0,35 %. C’est la quatrième séance consécutive de record pour la Bourse de Paris, qui a franchi pour la première fois de son histoire le seuil des 8 700 points en cours de séance.

Une série de records depuis début août

Cette envolée s’inscrit dans une dynamique entamée dès le début du mois :

  • le 3 août, l’indice inscrivait un premier record à 8 642 points, effaçant les pertes liées aux tensions autour de l’Iran ;
  • le 4 août, il progressait encore, avec un record en clôture à 8 669,30 points ;
  • le 5 août, un nouveau sommet intrajournalier était atteint autour de 8 694 points ;
  • le 6 août, enfin, l’indice a touché 8 742,53 points avant de clôturer sous ce niveau.

Les moteurs du rallye

Deux facteurs principaux expliquent cette accélération. D’une part, l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran sur la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production pétrolière mondiale : Téhéran a indiqué s’être entendu avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires, ce qui a fait reculer les cours du pétrole (le Brent est repassé sous les 80 dollars le baril) et éloigné les craintes d’une inflation durable.

D’autre part, une saison de résultats d’entreprises jugée particulièrement solide soutient l’optimisme des investisseurs, avec notamment de bonnes publications dans le secteur bancaire, en France comme en Europe (Société Générale, Commerzbank, Banco BPM). Le luxe, tiré par Hermès, a également contribué à repousser les records de l’indice.

Selon John Plassard, analyste chez Citi Gestion, cité par MoneyVox, « les discussions autour d’une possible réouverture du détroit d’Ormuz restent le principal catalyseur macroéconomique, car elles pourraient réduire la prime énergétique et apaiser les craintes inflationnistes ». Il tempère toutefois : « tant qu’un accord concret n’est pas signé, le marché avance avec un pied sur l’accélérateur et l’autre déjà posé sur le frein. »

Un record qui ne dit rien de la santé de l’économie française

« Cela ne veut pas dire que l’économie française va bien », le CAC 40 est en effet un indice mondialisé : ses entreprises réalisent désormais plus de 75 à 80 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger, et près de la moitié du capital de l’indice est détenue par des investisseurs non-résidents, selon la Banque de France. Quand un investisseur achète des actions TotalEnergies, LVMH ou Airbus, il parie avant tout sur la croissance mondiale pas sur le PIB français. Sa progression reflète donc davantage la conjoncture internationale, ici le repli des prix du pétrole et une saison de résultats favorable pour les multinationales, que la vigueur de l’économie hexagonale.

Or celle-ci reste fragile. L’Insee a certes confirmé fin juillet un léger rebond du PIB français au deuxième trimestre 2026, avec une croissance de 0,2 %, après un recul de 0,1 % au premier trimestre. Ce sursaut reste toutefois modeste : il tient surtout à la consommation des ménages (+0,2 %, portée notamment par les achats de véhicules électriques et hybrides) et à un rebond des exportations (+2,6 %, en grande partie lié au rattrapage de livraisons aéronautiques retardées en début d’année), tandis que l’investissement continue, lui, de reculer. Sur l’ensemble de 2026, la croissance française ne devrait pas dépasser 0,5 à 0,7 %, un niveau très faible, tandis que le déficit public peine à redescendre sous la barre des 5 % du PIB et que la dette publique avoisine 115-118 % du PIB. Le chômage se maintient autour de 7,8 à 8 %, et l’incertitude budgétaire et politique continue de peser sur les ménages et sur les petites et moyennes entreprises, beaucoup moins exposées à l’international que les géants du CAC 40.

Le contraste entre des marchés financiers euphoriques et une économie réelle à la peine n’a donc rien d’inédit : il illustre la déconnexion croissante entre la performance des grands groupes cotés, tournés vers la mondialisation, et celle de l’économie française dans son ensemble.

Financial candlestick chart showing market trends and data visualization.