Votre ETF « Monde » est-il vraiment aussi diversifié qu’il y paraît ?

De nombreux épargnants choisissent d’investir via un ETF (un fonds coté en Bourse qui reproduit la performance d’un indice) suivant l’indice MSCI World, présenté comme une façon simple d’investir « dans l’économie mondiale ». Sauf qu’en y regardant de plus près, cette diversification est en réalité bien moins large qu’on ne le croit.

Une concentration américaine devenue massive

En 2026, les États-Unis représentent plus de 70 % de la composition de cet indice mondial. Autrement dit, un épargnant qui pense diversifier son argent « à l’échelle de la planète » place en réalité les deux tiers de son capital sur un seul pays.

Cette concentration se retrouve également à un niveau encore plus fin :

Les 10 plus grandes entreprises de l’indice représentent, à elles seules, plus d’un quart de sa valeur totale.

  • Sept entreprises américaines seulement (les fameuses « Magnificent Seven » Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon, Meta, Alphabet et Tesla) pèsent environ 22 % de l’indice mondial.
  • Le secteur technologique, au sens large, dépasse aujourd’hui 35 % de l’indice.

Un signal à ne pas négliger : 2025 a rebattu les cartes

Pour la première fois depuis de nombreuses années, les marchés hors États-Unis ont surperformé en 2025 : l’indice regroupant les marchés développés et émergents hors États-Unis a progressé de près de 29 %, porté par des rallyes spectaculaires en Europe, notamment en Espagne et en Italie. Ce n’est pas rien : cela montre que la martingale américaine, aussi solide soit-elle depuis quinze ans, n’est pas gravée dans le marbre.

Un investisseur qui pense diversifier son patrimoine via un simple ETF « Monde » prend en réalité un pari implicite et souvent inconscient sur trois éléments à la fois : la bonne santé de l’économie américaine, la solidité du dollar, et la poursuite de la domination des géants technologiques. Ce pari a magnifiquement fonctionné ces quinze dernières années. Rien ne garantit qu’il continuera indéfiniment.

Comment corriger ce biais, si on le souhaite

Il ne s’agit pas d’éviter les États-Unis, qui restent une économie majeure et innovante, mais de savoir précisément à quoi l’on est exposé, et de rééquilibrer volontairement son allocation si cette concentration paraît excessive au regard de ses objectifs personnels. Cela peut passer par l’ajout d’ETF spécifiquement centrés sur l’Europe, les marchés émergents, ou des indices dits « équipondérés », qui réduisent mécaniquement le poids des plus grosses capitalisations. Cela passe également par les fonds de gestion « active » à contrario de la gestion passive de l’ETF afin d’avoir des fonds qui maitrisent l’exposition, la stratégie et le poids des valeurs à l’intérieur. 

Diversifier son patrimoine ne consiste pas simplement à multiplier les lignes d’investissement, mais à s’assurer de ne pas dépendre excessivement d’un seul pays, d’une seule devise ou d’un seul secteur. Le nom « Monde » d’un indice ne garantit pas, à lui seul, une vraie diversification géographique.